Communauté F1Les Années 90
Des petits résumés, année par année pour cette décennie imprégnée de grands champions.
1990
Pour la troisième saison consécutive, ce fut Ayrton Senna contre Alain Prost. Comme en 1988, le brésilien décrocha le titre mondial après son duel avec le Français. Au début de la saison, pourtant, il semblait qu'il n'allait pas être autorisé à disputer le championnat.
Mais de quelle façon Senna commença-t-il sa campagne! Il débuta par le grand prix des États-Unis dans les rues de Phœnix : il suivit le leader impromptu Jean Alesi de Tyrrell, prit la tête, fut malicieusement re-dépassé par le Français, puis arriva en tête une fois pour toutes. Thierry Boutsen fut un lointain troisième sur sa Williams. Et qu'en était-il de la Ferrari de Prost? Et bien elle commença septième, arriva jusqu'à la quatrième position et abandonna.
La victoire obtenue à Phœnix renforça l'attitude de Senna, mais, ne pas pouvoir gagner pour la première fois sur son terrain au Brésil le refroidit. En fait, il avait frôlé la victoire, lorsque soudain le pilote japonais Satoru Nakajima entra en collision avec lui, l'obligeant à rentrer aux stands pour changer le museau de sa voiture. Le retard lui coûta la course, le contraignant à rester troisième derrière Berger, pire même: derrière Prost, le gagnant de la course.
Au troisième round, le Grand Prix de San Marino à Imola, ni Senna, ni Prost n'eurent les lauriers car ceux-ci allèrent à Ricardo Patrese, le pilote italien de Williams, comblant ainsi un fossé de sept ans. Senna menait depuis la pôle position mais une pierre se cala dans ses freins et il dérapa, tandis que Prost termina sept secondes derrière Patrese, mais fut classé quatrième derrière Berger et Alessandro Nannini de Benetton.
La course suivante étant celle de Monaco, il ne devait y avoir qu'un seul gagnant : Senna. Et c'est là qu'il montra toute sa force, poursuivi par un Alesi qui, dans sa Tyrrell très maniable mais quelque peu sous-puissante, était un expert des circuits en ville. La troisième place pour Berger maintenait celui-ci dans le combat pour le titre. Prost était en seconde position quand il fut obligé d'abandonner...
1991
Ayrton Senna et McLaren signèrent deux titres mondiaux d'affilée, tandis que Nigel Mansell choisit, non pas de prendre sa retraite, mais de courir avec une écurie Williams retrouvée, il allait relever le challenge de Senna, mais sans parvenir à gagner.
Senna ne pouvait pas mieux commencer : il gagna les quatre premières courses. La première fut le Grand Prix américain à Phœnix, quand il passa sans concurrent au premier tour, et même après un certain retard, il gagna de seize secondes par rapport à la Ferrari d'Alain Prost et à la Benetton de Nelson Piquet. Le Finlandais débutant dans la Formule 1, Mika Hakkinen fit une course remarquée, car il obtint un excellent résultat bien que le volant lui restât dans les mains.
Mansell eut sa première victoire de l'année dans le Grand Prix de France qui eut lieu pour la première fois à Magny-Cours. Il échangea la position de tête avec Prost mais il fut devant au bon moment. Senna résista à une attaque de dernière minute de la part d'Alesi pour la troisième position. Une semaine plus tard, Mansell répéta son succès au Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone devant une foule acquise à sa cause. Démarrant en pole position, menant à chaque tour, et obtenant le record du tour le plus rapide, il donna une idée de sa classe, laissant seulement Berger et Prost dans le même tour.
L'énorme différence de points que Senna avait auparavant fut encore réduite dans le Grand Prix d'Allemagne, car Mansell gagna trois points d'un seul coup. De nouveau Senna tomba en panne d'essence au dernier tour, perdit la quatrième place et encore plus de points précieux. Patrese complétait le doublé de Williams devant le fantastique Alesi.
Avec un avantage de point par rapport à Mansell descendu à huit, Senna fut très heureux de gagner le Grand Prix de Hongrie, car avec les circuits qu'il avait devant lui, ce devait être sa dernière chance de victoire avant un retour aux pistes tortueuses qui l'attendaient à la fin de l'année. Mansell talonna Senna de près mais le Brésilien se qualifia devant lui sur cette piste étroite qui ne permet pratiquement pas de doubler.
Spa est un circuit qui favorise ceux qui ont de la puissance, par exemple le moteur Renault dans la Williams de Mansell. Ce fut donc une surprise de voir gagner Senna. Lui-même semblait étonné car sa boîte de vitesses lui donnait encore du fil à retordre. En outre, il fut dépassé par Mansell puis par Alesi, mais tous deux abandonnèrent. Andrea de Cesaris allait être second pour Jordan, mais son moteur l'abandonna à trois tours de la fin. Ce qui le priva du meilleur résultat qu'il eût jamais obtenu.
1992
Ce fut l'année où Nigel Mansell montra finalement au monde de la course qu'il pouvait être un champion, et non un simple acteur quelque peu mélodramatique. Un pilote avait rarement dominé le championnat de Formule 1 comme il le fit.
Après dix Grands Prix, Mansell avait déjà remporté huit victoires. Le onzième Grand Prix lui assura le titre de Champion du monde qu'il avait brigué depuis si longtemps, il restait encore cinq Grand Prix à courir. A la fin de la saison, Nigel avait presque le double du score du deuxième homme sur les rangs, le coéquipier de Williams, Ricardo Patrese. Bien que la conduite de Williams fût déjà nettement supérieure pendant toute l'année 1992, il reçut un grand encouragement grâce à l'équipe Williams, avec ce formidable châssis et ce moteur Renault de renommée mondiale. Malheureusement, Mansell n'eut pas la bonne grâce de reconnaître qu'il jouait avec tous les as dans la main.
La carrière de Mansell commença en Afrique du Sud, quand, pour la première fois depuis 1985, la victoire avait été remportée par un pilote Williams du nom de N. Mansell. Avec Mansell dominant le Grand Prix d'Espagne à Barcelone, la grande surprise vint de Schumacher qui termina second devant Patrese, du fait que ce dernier dérapa à cause de la piste humide. Jean Alesi, très à l'aise dans des conditions pluvieuses amena sa Ferrari en troisième position. A Imola, patrie du Grand Prix de San Marino, ce fut la cinquième des victoires de Mansell, avec Patrese obtenant la seconde place pour la quatrième fois. Senna réussit à obtenir la troisième place, mais son épuisement physique avait été si grand qu'il lui fallut vingt minutes avant de pouvoir sortir de sa McLaren
Le record de Mansell devait quand même se terminer, ce qui fut fait à Monaco. Mais seulement de justesse. En fait, Mansell n'était qu'à 0,2 seconde de la victoire quand il franchi la ligne d'arrivée
Finalement ce fut le Grand Prix de Hongrie qui décida que Mansell allait être Champion du monde. Celui-ci espérait terminer son périple avec une autre victoire, mais il s'inclina devant la victoire de Senna
Le Grand Prix d'Italie fut sous un nuage à cause de deux événements importants. Tout d'abord, Mansell annonça à nouveau qu'il se retirait de la Formule 1. Deuxièmement, Honda décidait de mettre fin à son aventure également, donc McLaren aurait à chercher ailleurs pour ses moteurs.
1993
Le jeu se résume à la domination d'un seul pilote. Cette année-là encore, ce pilote était au commandes d'une Williams, mais, cette fois-ci, c'était Alain Prost qui avait profité d'une année d'absence de la course pour retrouver son flegme et sa passion.
Ainsi Williams commença avec Prost dans la voiture de tête, et Damon Hill avait été sorti de l'équipe d'essai pour piloter à ses côtés. Prost se refit immédiatement la main, en gagnant le premier round, le Grand Prix d'Afrique du Sud à Kyalami. Senna avait couru tout d'abord en tête pour McLaren, mais Prost se retrouva rapidement devant, à un tiers de la distance, et y resta pour battre Senna de vingt secondes, avec Martin Brundle, surprenant troisième.
Furieux des critiques qu'il reçut de la presse en France pour sa performance apathique à Donington, Prost riposta par une victoire contrôlée à Imola, bien qu'il ait eu à se battre avec un accélérateur coincé. Hill mena pendant les premiers tours mais dérapa. Senna courait deuxième quand son système hydraulique céda, donc il laissa sa position à Schumacher qui n'en demandait pas tant.
A Monaco, il fallait que Senna gagne. C'est ce qui se passa pour la sixième fois mais la course n'alla pas en sa faveur comme précédemment. Prost mena dès le début mais reçut une pénalité "stop and go", et cette punition fut aggravée par le fait qu'il cala à deux reprises au moment de repartir. Cela plaça Schumacher devant, mais son système hydraulique céda et Senna prit donc la tête. Hill vint en second, espérant l'abandon de Senna afin de pouvoir gagner la course remportée cinq fois par son père, Graham Hill. Jean Alesi fut troisième pour Ferrari. Le Grand Prix du Canada marqua le début d'une série de quatre victoires pour Prost. Personne d'autre ne put se placer, car Schumacher bénéficia encore de l'abandon tardif de Senna pour arriver péniblement deuxième, et Hill troisième.
Hill gagna au Hungaroring où Mansell avait eu le titre en 1992, Bien qu'il se soit qualifié derrière Prost, Hill mena sur toute la distance quand Prost fut forcé de partir de l'arrière de la grille après avoir calé pendant le tour de chauffe. Senna suivit Hill comme son ombre dans les premiers tours, mais il abandonna pour laisser le champ libre à Patrese et Berger qui complétèrent le podium.
Les performances de Schumacher avaient été prometteuses durant la saison et il n'y eut pas de surprise quand il marqua la seconde victoire de sa carrière au Portugal. Cependant il lui fallut fournir un réel effort, car Prost était juste derrière lui et les pneus de l'Allemand étaient presque usés. Mais il persista et gagna.
La saison se termina à Adélaïde pour Senna et sa victoire contribua à faire passer McLaren devant Ferrari comme étant l'équipe de Formule 1 la plus performante de tous les temps. Prost fut second et Hill troisième et le reste, un tour derrière. Cela résumait la saison.
1994
Ce fut une année particulièrement difficile, un championnat gâché par la mort de Senna et par toutes sortes de querelles. Il se termina à Adélaïde, lorsque Michael Schumacher s'adjugea la couronne de lauriers d'une manière quelque peu controversée.
Peu de personnes auraient été intéressées de parier sur le résultat du championnat à venir. Ce devait être en toute certitude Ayrton Senna pour Williams. Mais, en fait, ce n'est pas ce qui se produisit. Au moment de sa mort au mois de mai, le grand Brésilien n'avait marqué aucun point aux deux premières courses, tandis que l'Allemand Michael Schumacher avait déjà deux victoires à son crédit chez Benetton.
Senna partit en tête au Brésil. Cependant le premier round d'arrêt dans les stands révéla quelque chose d'important : Benetton était le roi de l'arrêt au stand. Ils libérèrent Schumacher plus rapidement que Williams renvoyant Senna en course. Schumacher se trouva donc en tête et il y resta. Senna ne put garder l'allure, et dans ses efforts désespérés, il dérapa, ce qui laissa son coéquipier Damon Hill terminer second, avec Jean Alesi troisième pour Ferrari. La course fut tristement mémorable à cause d'un terrible accident dans lequel Jos Verstappen fit faire un tonneau à la seconde Benetton et tamponna la McLaren de Martin Brundle quand
Arriva ensuite le plus mauvais Week-end dont on puisse se souvenir : Le Grand Prix de San Marino. Lors de la qualification du vendredi, Barrichello faillit se tuer dans un accident à la dernière chicane. Il eut de la chance, mais le jour suivant, l'Autrichien Roland Ratzenberger se tua en heurtant un mur à près de 320 km/h dans sa Simtek. Ensuite l'événement le plus cruel et le plus incroyable se produisit : Senna eut un accident alors qu'il se trouvait en tête dans le virage rapide de Tamburello. Celui qui paraissait immortel venait de rejoindre son destin.
Monaco eut lieu dans l'ombre de cette double tragédie, et rien n'aurait pu être pire que ce qui se passa dans la qualification, car Karl Wendlinger eut un accident avec sa Sauber à la sortie du tunnel et il tomba dans le coma durant un mois. Schumacher gagne sa quatrième victoire de suite. Martin Brundle était à plus de trente secondes derrières lui, en seconde place pour McLaren avec Berger en troisième position.
Au moment du Grand Prix d'Espagne, les pilotes avaient insisté pour que l'on change le circuit de Barcelone pour lui apporter d'avantage de sécurité. Cela signifiait l'introduction de plusieurs chicanes provisoires pour ralentir les voitures. Le résultat de la course fut ce que tout le monde espérait : une victoire pour Williams.
Les médias étaient inquiets de la baisse du chiffre de téléspectateurs, on ramena Mansell de l'Indycar pour une seule course dans le Grand Prix de France. Renault paya pour son retour en espérant qu'il allait leur donner une victoire sur leur propre sol. Cependant, bien que s'étant qualifié en première ligne aux côtés de Hill, aucun des pilotes Williams ne réussit à passer en tête au premier virage et aucun ne gagna. Schumacher, par contre, réussit à démarrer d'une façon incroyable et emporta la victoire avec Hill en second et Berger juste derrière.
La course japonaise, la plus exaltante de l'année, eut lieu sous une pluie battante. Schumacher prit la tête, Hill lui colla derrière au point de ne rien voir dans les projections provoquées par la voiture qui le précédait. La course allait se décider sur le fait que Schumacher choisit de faire deux arrêts et Hill juste un seul. Les derniers tours furent désespérés, car Schumacher utilisa ses pneus neufs pour se rapprocher de Hill. Il était très près mais Hill tint bon. Alesi fut troisième. Ce fut une victoire cruciale car Schumacher arriva à la dernière course avec un avantage d'un seul point.
1995
Nouveau duel de Williams contre Benetton, de Damon Hill contre Michael Schumacher. Le plus rapide des qualifications face au meilleur pilote du monde. Tout se passa très vite car, avant même la dernière épreuve, l'Allemand avait remporté son deuxième titre mondial de manière incontestable.
Personne de s'attendait à ce que Michael Schumacher remporte le titre de Champion du monde en 1994. C'est le malheureux décès d'Ayrton Senna qui lui laissa le champs libre pour décrocher le titre sous le nez de Damon Hill. En 1995 par contre, c'est l'Anglais qui allait avoir le dernier mot. Fidèle à l'écurie Williams, il bénéficiait du meilleur châssis et du moteur le plus puissant : le V10 Renault.
En pôle position dans le Grand Prix du Brésil, Hill était en tête devant Schumacher quand sa suspension lâcha, permettant à l'Allemand de remporter la victoire devant l'équipier de Hill, David Coulthard. Les deux premiers furent ensuite disqualifiés pour avoir utilisé du carburant non standard. Ils furent réhabilités par la suite
Tout finit pour le mieux pour Benetton en Espagne, Schumacher prenant la tête au classement devant Berger. Schumacher démarra en pôle position et resta en tête pendant toute la course. Hill aurait dû prendre la seconde place mais son système hydraulique le lâcha au dernier tour, le faisant reculer en quatrième position. Une panne du même type fit perdre la troisième place à Coulthard.
Au Canada, Schumacher décida une fois de plus de s'arrêter une seule fois, mais il dût se résoudre à un arrêt inopiné à cause de problèmes de changements de vitesse. Alesi grignota son temps pour remporter son premier Grand Prix après 91 tentatives et déclencha une émotion intense, surtout chez son ancien manager Eddie Jordan dont les voitures prirent la deuxième et troisième place, avec Rubens Barrichello devant Eddie Irvine.
C'est au Portugal que Coulthard finit par être récompensé de ses efforts. Schumacher ayant fait reculer Hill en troisième position dans les dernier tours. A cause d'Ukyo Katayama qui avait fait un tonneau avec sa Tyrrell au démarrage, il fallut redonner le départ de la course.
Vint ensuite Adélaïde, dernière course de la saison. Coulthard voulait couronner d'une victoire sa dernière course chez Williams, mais il laissa son écurie désemparée quand, lors d'un arrêt (alors qu'il était en tête), il fonça dans le mur d'entrée du stand. Hill eut alors l'opportunité de remporter la course, alors que Schumacher et Alesi furent éliminés dans un accrochage. Frentzen prit alors la seconde position avant d'abandonner à son tour. Idem pour Herbert. En fait, presque tous les favoris durent abandonner et Hill remporta la victoire avec deux tours d'avance sur la Ligier d'Olivier Panis, et l'Arrows de Gianni Morbidelli.
1996
En 1996, le Britannique Damon Hill a enfin décroché le titre de champion du monde que Schumacher lui avait soufflé sous le nez a deux reprises. La force des Williams, cette fois, avait payé.
La saison 1996 s'annonçait comme celle de tous les records pour Damon Hill. Le champion du monde 1994 et 1995, Michael Schumacher, étant parti chez Ferrari, il semblait que rien ne pourrait empêcher l'Anglais d'imiter son père et de décrocher à son tour le titre.
Il faut toutefois préciser que depuis le tout premier Grand Prix, en Australie, Damon Hill a ressenti une certaine menace provenant de l'intérieur même de son équipe. Car le Québécois Jacques Villeneuve, Champion Indycar en titre, avait effectué un hiver de tests très complet, afin d'être prêt à ses début en F1. Le petit Canadien eut même l'audace de montrer à Hill comment piloter au cours du premier Grand Prix, à Melbourne, avant qu'une fuite d'huile ne le contraigne à ralentir. Villeneuve n'eut pas à patienter longtemps : Il remporta son quatrième Grand Prix, au Nurburgring, après une longue course poursuite avec Schumacher.
Pour beaucoup d'observateurs, Jacques Villeneuve et ses quatre victoires fut une révélation en 1996. L'instinct de pilote de Jacques Villeneuve ne se manifesta pas dans le même style flamboyant que son père Gilles, mais il était tout aussi efficace. Beaucoup jugèrent 1996 comme une répétition générale, concluant que personne ne pourrait enlever le titre à Villeneuve en 1997.
Gerhard Berger et Jean Alesi méritaient de remporter quelques victoires sur leur Benetton, mais ils n'en décrochèrent aucune. Gerhard Berger fut victime d'un sérieux virus au début de l'année, dont il ne se remit qu'à la mi saison. Alesi était presque toujours dans le coup, mais signa quelques gaffes qui provoqua la colère de son patron Flavio Briatore - comme sa sortie de route du premier tour au Grand Prix du Japon, qui permit à Ferrari de s'emparer de la seconde place du championnat des constructeurs.
1997
Champion en 1994 et en 1995, Schumacher fut près de décrocher un troisième titre mondial en 1997. Mais il manqua son coup en entrant en collision avec Jacques Villeneuve lors de la dernière manche du Championnat.
Ferrari passa l'essentiel des années 90 à courir après le championnat du monde. Aussi, peu d'observateurs crurent les propos de l'écurie lorsqu'elle affirma vouloir gagner des courses en 1997 avant d'aller chercher le titre mondial la saison suivante. Surtout parce que cette fameuse "saison suivante" n'arrêtait pas d'être, à chaque fois, repoussée. Évidemment, affirmaient les intimes de l'équipe, si Ferrari ne gagnait pas avec Michael Schumacher à son bord, alors elle ne gagnerait jamais.
Aussi le choc fut-il rude, lors du premier Grand Prix de la saison, à Melbourne, lorsque la victoire revint à David Coulthard, qui ramenait ainsi McLaren dans le cercle des vainqueurs pour la première fois depuis 1993. Toutefois, le rythme démontré par Villeneuve aux qualifications - où il décrocha la pole avec plus d'une seconde sur son coéquipier Frentzen - était un indice. Dommage pour lui qu'il ait été poussé hors de la piste au premier virage. Lors des derniers tours, Frentzen rattrapait Coulthard, mais l'un de ses disques de freins a explosé, causant sa sortie de route. Schumacher termina deuxième, devant Hakkinen, malgré un ravitaillement non prévu.
Les pneus représentèrent à nouveau un point crucial en Espagne. Non parce qu'il plut, mais parce que le circuit de Catalogne les dévorait littéralement. Villeneuve en profita pour démontrer son doigté, remportant la course devant Olivier Panis et la Benetton de Jean Alesi.
Le Grand Prix du Canada resta marqué dans les mémoires pour deux raisons : premièrement, parce qu'Olivier Panis y fut victime d'un sérieux accident à haute vitesse, duquel il sortit avec deux jambes cassées, et deuxièmement parce que David Coulthard domina la course jusqu'à ce que son moteur cale au cours d'un ravitaillement, offrant la victoire à Michael Schumacher.
Et ce fut là, à Jerez, que Michael Schumacher donna son fameux coup de volant contre Jacques Villeneuve, la collision le laissant échoué dans le sable, en disgrâce, tandis que Villeneuve parvint à ramener sa monoplace légèrement abîmée jusqu'à l'arrivée, ne lâchant la tête de la course que dans le dernier tour - au cours duquel il laissa Hakkinen et Coulthard le passer, une troisième place lui suffisant. En jugeant cette dernière course, la FIA décida alors de ne pas exclure Schumacher des deux premières courses de 1998, comme il en fut question, mais plutôt de le destituer de sa deuxième place du championnat 1997.
1998
Comme le laissait présager la course d'ouverture de Melbourne, Le Championnat du monde de Formule 1 est revenu cette année à Mika Hakkinen et McLaren Mercedes. Pourtant, contre toute attente, leur couronnement n'a eu lieu qu'à l'issue de l'ultime épreuve, au Japon.
Au premier rendez-vous de la saison à Melbourne, La McLaren de Mika Hakkinen chaussée pour la première fois de pneus Bridgestone, outrageusement dominante s'installe en tête dès l'extinction des feux pour ne la quitter que lors d'une confusion entre Hakkinen et son stand, son coéquipier Coulthard prenant la relève. Mais le résultat final n'en changera pas pour autant dans la mesure où ce dernier laissa Hakkinen le repasser ce qui donna lieu a controverse. La troisième place fut acquise par Frentzen sur sa Williams mais à un tour du vainqueur.
Le Grand Prix de San Marino fut remporté par David Coulthard. Auteur de la pôle position, il mena le Grand Prix de bout en bout suivi comme son ombre par un Michael Schumacher bien décidé à ne pas baisser les bras. Jacques Villeneuve réussit quant à lui une très belle course, prenant un départ canon le faisant passer de la sixième à la quatrième place et bataillant durant tout le Grand Prix avec Eddie Irvine pour le gain de la troisième place finalement acquise à l'Irlandais.
Monaco devait être la course de Schumacher ; l'empattement long des McLaren ne permettant pas théoriquement d'être à l'aise sur ce tracé sinueux. Il en fut tout autrement et même à Monaco, Hakkinen démontra ses qualités de champion en gagnant l'épreuve devant le jeune Fisichella sur sa Benetton et la Ferrari d'Irvine. Schumacher ayant abandonné suite à une bagarre homérique avec Alexander Wurz. Dès lors, si Ferrari ne redressait par la situation de toute urgence, il était certain qu'elle ne pourrait plus le faire. Schumacher allait s'y employer par tous les moyens et ce fut le cas au Grand Prix du Canada.
La victoire de Schumacher en Hongrie a relancé complètement le Championnat du monde aidé en cela par une rupture d'amortisseur sur la McLaren d'Hakkinen l'obligeant à terminer à la sixième place. Villeneuve termina pour la deuxième fois consécutive sur la troisième marche du podium juste derrière Coulthard.
1999
L'année 1999 fut l'année du sang, des larmes, de la joie et de la douleur. La cinquantième saison a tenu toutes ses promesses au niveau du suspense. Mika Hakkinen réussi la passe de deux alors que Michael Schumacher fut victime d'un terrible accident qui le priva de toute chance de disputer le titre. 1999, nous a offert un second double champion du monde.
Jacques Villeneuve rejoignit la toute nouvelle écurie BAR dirigée par son ami Craig Pollock mais cette première saison fut désastreuse à cause d'un manque de fiabilité certain. Alessandro Zanardi revint à la formule reine auréolé de ses deux titres de champion d'Indycar et fut accueilli par Williams qui en a profité pour changer ses deux pilotes en faisant un échange avec Jordan qui pris Heinz-Harald Frentzen à la place de Ralf Schumacher. L'intersaison fut marquée par une polémique au sujet des ailerons arrières flexibles qui obligea la FIA à prendre les mesures nécessaires pour les interdire.
A Melbourne, profitant de l'abandon des McLaren boys sur des McLaren toujours aussi rapides mais bien plus fragiles et de son chef de file, Eddie Irvine remporta son premier Grand Prix suivi comme une ombre par un Frentzen transfiguré et la Williams de Ralf Schumacher. Si pour les prétendants au titre, ce premier round se conclu sur un match nul, la désillusion est de mise dans la plupart des écuries. Prost GP qui ne parvient pas à terminer, le faiblesse chronique des boîtes de vitesse de la Sauber cloue Alesi sur la ligne de départ. La perte de l'aileron arrière de la BAR de Villeneuve et la panne de transmission de Zonta sur la seconde monoplace à huit tours de la fin vient contredire les déclarations fracassantes faites par Craig Pollock et Reynard durant l'intersaison. Les moteurs des deux Stewart de Barrichello et de Herbert qui cassent de concert. Ces multiples abandons permirent au tout jeune Pedro de la Rosa de remporter le point de la sixième place pour Arrows.
Le Grand Prix du Brésil arriva un mois plus tard suite à l'annulation de l'épreuve argentine. Les deux GP suivants, St Marin et Monaco, furent remportés par Michael Schumacher décidément très à l'aise sur ses circuits et bénéficiant enfin d'une monoplace à la hauteur de son talent. A St Marin, Ferrari fit une démonstration de stratégie dont elle a le secret. Hakkinen seul en tête commet une erreur en sortant de la piste laissant le commandement à son équipier David Coulthard.
Au GP d'Italie, la coupe est pleine pour Hakkinen. Non seulement il n'est pas aidé par son coéquipier mais depuis quelques temps, le sort semble s'acharner sur lui.